Le métier d’accompagnante en périnatalité
Comprendre le rôle de l’accompagnante en périnatalité (ou doula), ses missions et sa place aux côtés des familles — futurs et jeunes parents —, du désir d’enfant aux 1 an de bébé.
Qu’est-ce qu’une accompagnante en périnatalité ?
L’accompagnante en périnatalité — terme souvent utilisé en France en complément de « doula » — est une professionnelle formée qui accompagne les familles (femmes, hommes, couples, tous types de familles d’aujourd’hui) dans la période du devenir parent : du désir d’enfant et de la préconception jusqu’aux 1 an de l’enfant, en post-natal comme sur les passages de vie (grossesse, naissance, mais aussi situations telles que IVG, deuil périnatal, questionnements autour des règles pour les jeunes filles, etc.). Son intervention est complémentaire au suivi médical (sage-femme, gynécologue, pédiatre) et ne se substitue en aucun cas à celui-ci.
Elle intervient dans une démarche de prévention périnatale précoce, en offrant un espace de parole, un soutien émotionnel et physique, et des outils concrets pour que les parents et les familles puissent faire des choix éclairés et vivre cette période avec plus de sérénité.
D’où vient ce métier ?
L’arrivée d’un enfant bouleverse l’environnement familial, professionnel et social. Les modèles familiaux évoluent (familles monoparentales, recomposées, homoparentales, parentalité plus tardive…), et de nombreux parents expriment le besoin de parler et d’appréhender la période périnatale de manière plus globale, au-delà du seul suivi médical.
L’accompagnante en périnatalité prend en compte tous les membres de la famille en construction, participe à la prévention de la solitude, de l’isolement et de l’épuisement, et favorise des temps de vie partagés dans la compréhension et le respect.
Les missions de l’accompagnante en périnatalité
- Participer à la prévention périnatale précoce
- Favoriser l’implication du co-parent
- Accompagner le versant social et émotionnel des familles
- Soutenir les futurs parents dans l’accueil de leur enfant
- Travailler en collaboration avec les autres professionnels (sages-femmes, PMI, etc.)
- Soutenir l’élaboration des liens parents–enfants
- Contribuer à une prise en charge globale des familles
- Accompagner aussi les passages de vie (préconception, IVG, deuil périnatal, questionnements sur les règles, etc.) dans le respect de chaque situation
Elle transmet des informations justes et loyales, sans prosélytisme ni dogmatisme, pour que les parents et les familles soient acteurs de leur parentalité. Tout au long de l’accompagnement, elle propose un espace sans jugement ni tabou et adapte son intervention à chaque situation.
Reconnaissance et pratique à l’international
Au Canada, au Royaume-Uni et dans les pays d’Europe du Nord, le métier d’accompagnante à la naissance (doula) est plus ancien et mieux intégré au paysage périnatal. Les cadres professionnels qui y sont définis éclairent une pratique strictement non médicale et complémentaire des soins cliniques, et peuvent servir de référence pour une approche consensuelle.
Canada
Au Canada, la pratique des doulas s’appuie notamment sur les Standards of Practice et Code of Ethics de DONA International (Doulas of North America). Les doulas certifiées DONA fournissent un soutien émotionnel, physique, pratique et informatif avant, pendant et après la naissance. Elles ne réalisent aucun acte clinique ou médical (pas de prise de constantes, monitoring fœtal, examen vaginal, diagnostic ou traitement). Leur rôle inclut le soutien aux préférences de naissance des parents et l’amélioration de la communication entre les familles et les professionnels de santé. La certification DONA est de plus en plus reconnue au sein du système de santé canadien.
Royaume-Uni
Au Royaume-Uni, Doula UK définit les doulas comme des professionnelles non réglementées et non médicales, qui complètent — et ne remplacent pas — les soins des sages-femmes. Le Conseil des infirmières et sages-femmes (NMC) et Doula UK ont travaillé ensemble pour clarifier les rôles : les sages-femmes assurent l’expertise clinique et les soins centrés sur la personne ; les doulas offrent un soutien au bien-être et à l’advocacy. Les doulas apportent une continuité de l’accompagnement et un soutien émotionnel, informationnel et pratique à la personne qui accouche, au partenaire et à la famille. Le code de conduite de Doula UK interdit à ses membres d’effectuer des tâches cliniques, obstétricales ou médicales et de donner des conseils médicaux.
Europe du Nord (Suède, Norvège)
En Suède et en Norvège, des programmes intègrent les doulas au sein même des structures de soins, en particulier pour améliorer l’accompagnement des femmes migrantes. L’OMS Europe décrit le projet « Doula och kulturtolk » (Doula et interprète culturel) à l’hôpital universitaire Karolinska de Stockholm : les doulas travaillent aux côtés des sages-femmes pendant la grossesse, le travail et le post-partum. La sage-femme Maria Fogelström y précise : « Ma responsabilité première en tant que sage-femme est d’assurer le bien-être médical de la mère et du bébé. La doula prend mes directives si besoin, mais elle porte attention aux besoins émotionnels et psychologiques des femmes. » Les doulas créent un pont entre la femme et la sage-femme (langue, culture, réassurance) et contribuent à un environnement plus serein, sans jamais assumer de responsabilité clinique. Des études en Suède et en Norvège montrent une meilleure participation des femmes à leur accouchement et une réduction de l’anxiété lorsque un soutien par une doula est proposé.
Données de la recherche
La revue Cochrane « Continuous support for women during childbirth » (soutien continu pendant l’accouchement), mise à jour en 2017, synthétise les études sur le soutien continu pendant le travail, notamment par une personne dédiée (dont la doula). Elle conclut que ce soutien continu — émotionnel, informationnel et physique (réassurance, présence, explications, mesures de confort) — est associé à des effets bénéfiques sur l’expérience de naissance et certains indicateurs périnataux, et que les femmes qui en bénéficient ont tendance à avoir une expérience plus positive. La revue souligne que ce type de soutien est complémentaire des soins cliniques et ne se substitue pas à eux.
En France, le métier continue d’évoluer vers une meilleure reconnaissance et une collaboration explicite avec les professionnels de santé, dans l’esprit des cadres définis par l’Association Doulas de France et le CeFAP.
Un cadre professionnel et déontologique
Ce qui me tient à cœur dans ma pratique : l’écoute, la bienveillance et la clarté. Les accompagnantes en périnatalité formées et certifiées s’engagent à respecter un code de déontologie qui définit les valeurs, les principes et les modalités d’exercice du métier. Il ne suffit pas d’être parent ou d’avoir envie d’accompagner pour exercer : une formation solide est nécessaire pour offrir un soutien qualitatif, respectueux et efficace.
Pour en savoir plus sur mon parcours et mes formations (École Présence en France et École Quantik au Canada), consultez la page Parcours & formations.
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